Belle Plage
Nous recommandons cette adresse à ceux qui veulent Cannes côté Suquet plutôt que côté Croisette....
Cannes a ses palaces sur la Croisette, alignés face à la mer, et puis elle a cette maison-ci, une rue en arrière, qui a choisi de regarder ailleurs. Le Five Seas tient dans un immeuble de centre-ville, à l'angle de la rue Notre-Dame, et c'est au cinquième étage que tout se joue : une terrasse, un bassin, et devant soi les toits ocre du Suquet qui descendent vers le Vieux Port. Quarante-cinq chambres et suites en dessous, un lounge bar, un spa. Membre de Design Hotels, l'adresse assume d'être un hôtel de ville plutôt qu'un hôtel de front de mer, et c'est précisément ce qui la rend intéressante.
Trois choses. D'abord l'échelle : quarante-cinq clés seulement, dont une quinzaine de suites, quand les grandes maisons de la Croisette en comptent trois ou quatre fois plus. On y est reconnu dès le deuxième jour. Ensuite le toit, qui n'est pas un argument de brochure mais l'endroit où l'on passe ses fins de journée, entre le bassin et la table de Lori Moreau. Enfin le parti pris esthétique, revendiqué par l'appartenance à Design Hotels : volumes contemporains, salon d'inspiration Art déco, aucun pastiche Riviera. On choisit ici un hôtel qui a une idée, pas seulement une adresse.
Une rue. C'est ce qui sépare le Five Seas du Palais des Festivals, et à peine plus de la Croisette. La rue d'Antibes et ses boutiques commencent derrière, le marché Forville et les ruelles du Suquet montent devant, le Vieux Port est à quelques minutes à pied. Autrement dit, on laisse la voiture au parking et on ne la reprend plus : Cannes se fait entièrement à pied depuis ce point. Pendant le festival et les grands congrès, cette position est un avantage évident, et une contrainte les soirs de foule, quand le quartier se remplit. Le reste de l'année, c'est simplement le meilleur endroit d'où partir.
Prix : Luxe
Vibe : boutique contemporain, rooftop, très cannois
Chambres : quarante-cinq chambres et suites, dont une quinzaine de suites
Pour qui : un week-end à deux sans voiture, un séjour de festival ou de congrès, les amateurs de rooftop
Notre coup de coeur : le bassin du cinquième étage et sa vue sur les toits du Suquet
La table : Le Roof, au cinquième étage, cheffe Lori Moreau, cuisine de produit
Le bar : un lounge en trois espaces, salon Art déco, terrasse Pergola, bord de bassin
Équipements : spa avec cabines de soins, sauna et hammam, piscine chauffée, salles de réunion privatives, parking, conciergerie, animaux acceptés
À voir autour : le Palais des Festivals, la Croisette, le Suquet et le marché Forville, le Vieux Port, la rue d'Antibes
Une trentaine de chambres et une quinzaine de suites : le rapport est celui d'une maison qui mise sur les séjours longs autant que sur les nuits de passage. Les suites montent dans les étages, et la plus haute ouvre sur son propre bain à remous, à l'air libre. Le vocabulaire décoratif est le même partout, bois, lignes nettes, matières sombres, rien de la dorure attendue à Cannes. C'est un hôtel qui se visite de bas en haut, et plus on monte, plus la ville se découvre.
Le restaurant occupe le cinquième étage et s'appelle Le Roof, ce qui dit l'essentiel. Lori Moreau y tient une cuisine que la maison décrit comme fraîche, moderne et créative, construite d'abord sur le produit. On dîne face aux toits du Suquet, et la lumière de fin de journée sur cette vue fait une bonne part du travail. Le lieu est ouvert au-delà des clients de l'hôtel, ce qui lui donne une vie propre et lui évite le silence des restaurants d'hôtel désertés.
Le bar se lit en trois espaces : un salon intérieur d'inspiration Art déco, une terrasse ensoleillée baptisée la Pergola, et les abords du bassin. On passe de l'un à l'autre selon l'heure. En contrebas, le spa aligne cabines de soins, sauna et hammam, dans le registre discret d'un hôtel de quarante-cinq clés plutôt que dans celui d'un centre de balnéothérapie. La piscine est chauffée, ce qui étend utilement la saison d'usage de la terrasse.