Le Relais Montmartre
Nous avons été sensibles à l'adresse davantage qu'à la façade : une maison tranquille nichée...
La rue Aristide Bruant grimpe entre la rue des Abbesses et le boulevard, dans ce morceau de Montmartre qui a gardé ses commerces de quartier et ses façades du XIXe siècle. C'est là, dans un hôtel qui accueille des voyageurs depuis environ un siècle, que Monsieur Aristide a pris ses quartiers. Le nom vient du chansonnier à l'écharpe rouge, immortalisé par les affiches de Toulouse-Lautrec, et l'esprit suit : une maison qui se veut pension de famille, bohème sans être poussiéreuse, où l'on prend son café dans un jardin caché avant de partir à l'assaut de la Butte.
Nous avons retenu Monsieur Aristide parce qu'il réussit ce que beaucoup d'hôtels de Montmartre ratent : raconter le quartier sans en faire un décor de carte postale. L'architecte d'intérieur Marion Collard a composé un univers de brocante choisie, radios anciennes, chaises Thonet, lampes globe, valises de cuir, avec un sol en terrazzo fabriqué à partir des gravats du chantier. Le second argument est le jardin intérieur, véritable cœur de la maison, sur lequel donnent certaines chambres. Le troisième tient au bar et au restaurant, qui en font un lieu vivant, fréquenté bien au-delà des seuls clients.
On est ici au cœur du quartier des Abbesses, à quelques minutes à pied de la place et de sa station de métro Guimard, sur la ligne 12. Le Sacré-Cœur et la place du Tertre se rejoignent par les escaliers de la Butte, et la rue Lepic, avec ses commerces de bouche et le Moulin de la Galette, commence tout près. Le soir, le quartier vit au rythme de ses bistrots et de ses tables, dont plusieurs adresses distinguées par le guide Michelin. La contrepartie de Montmartre, ce sont les pentes et les escaliers : de bonnes chaussures s'imposent.
Prix : Premium (€€€)
Vibe : bohème, chiné, vivant, montmartrois
Chambres : 25 chambres et suites, certaines ouvertes sur le jardin, d'autres avec terrasse sur les toits aux étages supérieurs
Best For : couples, amateurs de design vintage, voyageurs qui veulent vivre Montmartre en local
Our Favorite Thing About the Hotel : le petit-déjeuner servi dans le jardin caché, à deux rues des Abbesses
Dining : restaurant et bar de l'hôtel, ouverts tard, petit-déjeuner au jardin
Amenities : jardin intérieur, terrasses privatives, animaux acceptés, borne de recharge pour véhicules électriques, service en chambre
Attractions : place des Abbesses, Sacré-Cœur, place du Tertre, rue Lepic, Moulin de la Galette
Si les espaces communs jouent la carte sombre du bistrot, boiseries foncées et tapis léopard, les chambres prennent le contrepied : palettes claires, mobilier en rotin, portes de placard en croisillons, linge de lit en lin naturel. Chaque chambre a sa personnalité, avec des objets chinés et des détails qui amusent, comme les téléphones à cadran qui fonctionnent toujours. Au rez-de-chaussée, certaines chambres ouvrent directement sur le jardin ; aux derniers étages, des terrasses privées regardent les toits de Paris. La robinetterie en métal et porcelaine, sans plastique, dit le soin apporté aux détails.
Le bar et le restaurant de l'hôtel ne sont pas de simples services annexes. Avec leurs boiseries de bistrot, leurs clins d'œil aux années soixante-dix tropicales et leurs instruments de musique anciens, ils prolongent l'hommage au cabaret montmartrois, et restent ouverts tard. On y dîne, on y prend un verre, on y croise des habitués du quartier : c'est ce qui donne à la maison son animation, et ce qui la distingue d'un hôtel de passage.
Monsieur Aristide convient d'abord aux couples et aux voyageurs qui aiment les maisons à forte personnalité. Pour une chambre sur le jardin ou avec terrasse, mieux vaut le préciser à la réservation, car ce sont les plus demandées. Les animaux sont acceptés, un atout rare dans le quartier. L'arrivée se fait à partir de 15 heures et le départ à midi. Enfin, la Butte se découvre à pied, mais ses pentes demandent un peu d'endurance, surtout avec des bagages.