Le Relais Saint Honoré
Ce qui nous a convaincus ici, c'est le pari d'un hôtel sans restaurant ni salle...
On entre au 228 rue de Rivoli sous les arcades, face au jardin des Tuileries, entre la place de la Concorde et le Louvre. Charles-Augustin Meurice, maître de poste, ouvre là sa maison en 1835 pour accueillir les voyageurs anglais qui descendent de Calais. Percier et Fontaine, les architectes de la rue, en fixent la ligne néoclassique. Le reste est une accumulation : les rois en exil, le banquet de mariage de Picasso, les séjours répétés de Salvador Dalí, puis la relecture des salons par Philippe Starck en 2007 et la distinction de Palace en 2011. Rien de tout cela ne s'est effacé. La maison porte ses couches les unes sur les autres, et c'est ce qui la rend intéressante.
Paris compte une poignée de palaces et ils ne se jouent pas sur le même terrain. Celui-ci tient sur trois points. La vue d'abord : peu d'adresses ouvrent directement sur les Tuileries, et la différence se mesure au réveil. La table ensuite, avec le restaurant d'Alain Ducasse installé dans une salle inspirée du salon de la Paix de Versailles, et la pâtisserie de Cédric Grolet au rez-de-chaussée, qui attire toute la ville. La mémoire enfin : un hôtel où Dalí a vécu et peint n'a pas besoin d'inventer son récit. Nous l'avons retenu pour cette épaisseur.
Le 1er arrondissement, côté Rivoli, est la charnière du Paris des musées. Les Tuileries commencent de l'autre côté de la rue, le Louvre est au bout du jardin, l'Orangerie et le Jeu de Paume à l'autre extrémité, la place Vendôme à cinq minutes par la rue de Castiglione. La Concorde et la rue Saint-Honoré suivent dans le prolongement. C'est un quartier de commerce et d'institutions, plein le jour, calme la nuit, où l'on ne cherche pas la vie de quartier mais la ligne droite vers ce qu'on est venu voir. Deux stations de métro, Tuileries et Concorde, encadrent la façade, et la rive gauche est à un pont.
Prix : €€€€, catégorie Palace
Ambiance : grand Paris classique, dorures et clin d'œil surréaliste, service de palace
Chambres : chambres et suites côté Rivoli ou sur cour, jusqu'à la suite Belle Étoile et sa terrasse panoramique
Idéal pour : voyageurs venus pour les musées, séjours d'exception, gastronomes
Ce que nous préférons ici : la pâtisserie de Cédric Grolet, au rez-de-chaussée, devant laquelle le quartier fait la queue
Table : Restaurant le Meurice Alain Ducasse, Le Dalí dessiné par Philippe Starck, Bar 228 et son jazz en soirée
Équipements : spa La Maison Valmont, sauna, salle de fitness, accueil des animaux, chambres familiales
À proximité : jardin des Tuileries (en face), Louvre, musée de l'Orangerie, place Vendôme
La restauration se visite ici comme une adresse à part entière. Le restaurant signé Alain Ducasse, dont la cuisine est tenue au quotidien par Amaury Bouhours, occupe la salle inspirée de Versailles. Le Dalí, dessiné par Philippe Starck, sert une carte française de saison dans un décor où la toile du plafond fait la moitié du spectacle. Le Bar 228 regarde les Tuileries et programme du jazz en soirée. Enfin, la pâtisserie de Cédric Grolet ouvre directement sur la rue : c'est le seul endroit de la maison où l'on entre sans réserver.
Le rapport au jardin décide de tout. Les chambres côté Rivoli regardent les Tuileries au-dessus des arcades, celles sur cour échangent la vue contre le silence, et l'arbitrage entre les deux est le vrai choix au moment de réserver. Au sommet, la suite Belle Étoile ouvre sur une terrasse qui fait le tour du toit, avec la tour Eiffel, Montmartre et le Sacré-Cœur dans le même regard. Les appartements Dalí et Tuileries tiennent le même registre. Les animaux sont acceptés, les familles aussi.
La fiche de la maison ne signale pas d'accès adaptés aux personnes à mobilité réduite : le point se vérifie auprès de la conciergerie avant de confirmer. Le personnel parle huit langues, dont le chinois, le japonais et le russe, ce qui dit assez la clientèle. Le spa La Maison Valmont fonctionne sur rendez-vous et se remplit tôt en fin de semaine. Les tables du rez-de-chaussée se réservent longtemps à l'avance, celle d'Alain Ducasse en particulier. Enfin, la rue de Rivoli est une artère : demander une chambre sur cour quand le sommeil est fragile.
Ce qui nous a convaincus ici, c'est le pari d'un hôtel sans restaurant ni salle...
Notre préférence est allée à cette adresse pour son histoire rare : un ancien couvent...
Ce qui nous plaît dans cette maison, c'est qu'elle ne se voit pas : on...