Pavillon Faubourg Saint-Germain
Nous avons aimé l'histoire autant que les pierres : né de la rénovation du Saint,...
Rue de Lille, la façade ne dit rien. Une porte, un numéro, et derrière, un calme qui coupe net le bruit du quai. J.K. Place Paris occupe une ancienne demeure diplomatique du 7e arrondissement, à quelques mètres du musée d'Orsay, et c'est la première adresse hors d'Italie de la famille Kafri, qui tenait jusque-là Florence, Rome et Capri. L'échelle a été conservée : vingt-neuf clefs, un salon de réception plutôt qu'un hall, des escaliers que l'on prend volontiers. Michele Bönan, le décorateur florentin de la maison, y a fait cohabiter tapis graphiques, mobilier des années cinquante, statues antiques et photographies. Le résultat tient de la maison de collectionneur bien davantage que du grand hôtel parisien.
Paris compte beaucoup de cinq-étoiles irréprochables et assez peu d'adresses qui ressemblent à quelqu'un. Celle-ci ressemble à une famille d'hôteliers italiens qui a mis cinq ans à trouver son immeuble avant d'ouvrir. Ce que cela change se sent au quotidien : un service qui reconnaît les visages dès le deuxième matin, un petit déjeuner que l'on prend sans cérémonie, une salle de bains pensée comme une pièce à vivre. Nous avons aussi retenu la rareté technique du lieu, une piscine chauffée creusée sous un immeuble du 7e, ce que très peu d'adresses rive gauche peuvent offrir.
Le 7e arrondissement se vit à pied. Le musée d'Orsay est au bout de la rue, l'Orangerie et les Tuileries de l'autre côté de la Seine par la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, le Louvre dans le prolongement. Le Palais Bourbon ferme la perspective à l'ouest, ce qui donne au quartier ses trottoirs calmes et ses cafés de ministère, très vivants le midi, presque déserts le dimanche. La rue du Bac et ses commerces sont à une dizaine de minutes, Saint-Germain-des-Prés un peu plus loin. La station Assemblée Nationale, sur la ligne 12, met le reste de la ville à portée directe. C'est un quartier de musées et d'administrations : on y dort bien, on n'y sort pas tard.
Prix : €€€€, catégorie palace
Ambiance : maison italienne, feutrée, rive gauche
Chambres : vingt-neuf clefs, dont plusieurs suites
Idéal pour : couples, amateurs de musées, longs week-ends culturels
Ce que nous préférons ici : la piscine chauffée bordée de marbre, en sous-sol
Table : Casa Tua, cuisine italienne contemporaine servie depuis une cuisine ouverte, petit déjeuner inclus
Équipements : piscine intérieure chauffée, sauna, hammam, cabines de soin, chambres familiales, accueil des animaux, accessibilité PMR
À proximité : musée d'Orsay (moins de cinq minutes à pied), musée Rodin, jardin des Tuileries, Louvre
Creuser un bassin sous un immeuble du 7e relève de l'exploit administratif autant que technique, et c'est ce que la maison a fait. La piscine chauffée est bordée de marbre, éclairée bas, sans la moindre ambiance de club de sport. Deux cabines de soin ouvrent sur le même niveau, complétées d'un sauna et d'un hammam. L'ensemble reste petit, à l'échelle des vingt-neuf clefs, et c'est précisément l'intérêt : on y descend à sept heures du matin ou après une journée de marche sans jamais y croiser grand monde.
La table reprend le principe qui a fait la réputation de l'enseigne : une cuisine ouverte, peu de couverts, une carte italienne courte où les pâtes tiennent le premier rôle. On y dîne comme chez des amis qui cuisinent bien, sans nappage ni service à l'anglaise. Le matin, la même salle sert un petit déjeuner que l'on peut prendre léger, ce qui n'est pas si courant dans la catégorie. Le bar attenant fait office de salon en fin de journée, et le quartier y envoie du monde.
L'hôtel accueille les familles, les animaux et dispose d'accès adaptés aux personnes à mobilité réduite, trois points sur lesquels beaucoup d'adresses de ce niveau restent muettes. Le personnel parle italien, français, anglais et espagnol. L'arrivée se fait à partir de quinze heures, le départ avant midi. La maison compte peu de chambres et sa clientèle revient : sur les périodes de salons et de défilés, elle affiche complet longtemps à l'avance. Enfin, la rue de Lille est calme mais sans commerces : prévoir de marcher jusqu'à la rue du Bac pour le moindre achat.
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