Hôtel de l'Abbaye
Nous avons choisi cette maison parce qu'elle a longtemps été le secret le mieux gardé...
Au 9 rue Gît-le-Cœur, dans le Quartier latin, cette maison modeste fut à la fin des années 1950 l'un des hôtels les plus mal classés de Paris, un établissement de dernière catégorie que les guides touristiques ne mentionnaient pas. C'est pourtant là que Gregory Corso s'installe en 1957, bientôt rejoint par Allen Ginsberg et Peter Orlovsky, puis par William S. Burroughs, Harold Norse et Derek Raymond. L'endroit entre dans l'histoire littéraire sous un nom que l'hôtel actuel, Le Relais Hôtel du Vieux Paris, revendique désormais ouvertement : le Beat Hotel.
Nous avons retenu cette adresse pour la rareté de sa matière : peu d'hôtels quatre étoiles peuvent se prévaloir d'avoir vu naître une œuvre majeure de la littérature américaine. C'est dans ces murs que William Burroughs achève Le Festin nu et entame avec Brion Gysin ses expérimentations de cut-up, qu'Allen Ginsberg rédige une partie de Kaddish, et que Gregory Corso écrit Bomb. Une plaque commémorative, posée en 2009, honore les sept résidents les plus célèbres de cette période. Avec 578 avis et une note de 9,1/10, l'hôtel a su transformer cet héritage en identité plutôt qu'en argument marketing isolé.
Le Quartier latin, rive gauche de la Seine, reste l'un des secteurs les plus denses en histoire littéraire de Paris : librairies anciennes, universités, cafés fréquentés depuis des décennies par écrivains et étudiants. La rue Gît-le-Cœur, étroite et pavée, se trouve à quelques minutes à pied de Notre-Dame, du quai des Grands Augustins et du Pont Neuf, au cœur d'un dédale de ruelles qui a changé plus lentement que le reste de la capitale.
Prix : €€€
Vibe : littéraire, Quartier latin, histoire Beat Generation
Chambres : 20, format intimiste hérité du bâtiment d'origine
Best For : amateurs de littérature américaine, séjours culturels, curieux d'histoire parisienne
Our Favorite Thing About the Hotel : la plaque commémorative de 2009 honorant les sept résidents Beat les plus célèbres
Dining : petit-déjeuner servi en chambre
Amenities : Wi-Fi gratuit, service d'étage, chambres climatisées
Attractions : Notre-Dame (8 min à pied), quai des Grands Augustins (2 min), Pont Neuf (6 min)
Difficile de mesurer ce qu'un lieu doit à son histoire, mais ici la matière ne manque pas : « Naked Lunch » achevé dans une chambre, un cut-up littéraire inventé avec les ciseaux de Brion Gysin, des poèmes fondateurs de la Beat Generation écrits à la lumière d'une fenêtre donnant sur une rue de 193 centimètres de large à son point le plus étroit. L'hôtel ne cherche pas à reconstituer ce passé en décor : il le laisse parler par une plaque, un nom assumé, et le silence d'une maison qui a gardé son échelle d'origine.
Les vingt chambres restent modestes en surface, fidèles à l'esprit d'une pension du Quartier latin plutôt qu'à celui d'un palace, mais le confort contemporain, climatisation, Wi-Fi, service d'étage, a depuis longtemps remplacé l'inconfort que décrivaient les résidents des années 1950. Le petit-déjeuner, servi en chambre, prolonge cette discrétion qui caractérise toute la maison.
Les chambres les plus demandées, celles qui donnent sur la rue Gît-le-Cœur elle-même plutôt que sur la cour intérieure, se réservent longtemps à l'avance par une clientèle qui vient spécifiquement pour l'histoire du lieu. L'adresse convient à un court séjour culturel plus qu'à un long voyage en famille, compte tenu de la taille contenue des chambres.
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