Four Seasons Hotel Madrid
Rares sont les hôtels capables de faire tenir sept immeubles historiques sous un même toit,...
Calle Echegaray, une rue étroite du quartier des Lettres, porte depuis 1886 le premier hôtel cinq étoiles de Madrid. Le Gran Hotel Inglés a connu la haute société de la Restauration, les écrivains du quartier, puis le déclin, la guerre civile et enfin la fermeture. Sa réouverture, après une restauration menée par l'architecte américain David Rockwell, a rendu à la maison un vocabulaire Art déco assumé : marbres sombres, laiton, marqueterie, lumières basses. Ce n'est pas une reconstitution d'époque mais une relecture, et c'est ce qui empêche le lieu de sentir le musée.
D'abord pour l'objet lui-même : peu de villes offrent de dormir dans le premier grand hôtel de leur histoire, encore moins quand la restauration est de ce niveau. Ensuite pour la taille, quarante-huit chambres dont sept suites, qui place la maison dans la catégorie des petits palaces plutôt que des grandes machines : le personnel connaît ses clients au bout de deux jours. Enfin pour la cohérence de l'ensemble, du restaurant au bar à cocktails en passant par le spa, chacun traité comme une adresse à part entière et fréquenté par les Madrilènes eux-mêmes.
La calle Echegaray est au cœur du quartier des Lettres, à mi-chemin entre la Puerta del Sol et le Paseo del Prado. C'est la Madrid des tavernes anciennes et des bars à vermouth, à deux pas de la plaza de Santa Ana et de la calle Huertas, où l'on sort à pied sans jamais prendre de taxi. Le musée du Prado et le Thyssen-Bornemisza sont à une dizaine de minutes de marche, le parc du Retiro juste derrière, la Gran Vía et ses théâtres à un quart d'heure au nord. La rue est piétonne par endroits, ce qui suppose de finir à pied en arrivant en voiture.
Prix : luxe
Ambiance : Art déco sombre, marbre et laiton, petit palace historique
Chambres : quarante-huit chambres dont sept suites, hauts plafonds, fenêtres toute hauteur et têtes de lit en velours
Idéal pour : séjours à deux, amateurs d'architecture et de cocktails, voyages d'affaires
Ce que nous préférons ici : le Lobbyto, bar du hall connu pour ses dry martinis et sa carte de gins, où le quartier vient boire un verre
Table : Casa Lobo, cuisine espagnole dans une salle Art déco ; petit-déjeuner servi tôt, dîner servi tard, à l'heure madrilène
Équipements : spa Le Max Wellness Club avec soins Sisley, salle de sport, voiturier, animaux acceptés sans supplément
À voir autour : plaza de Santa Ana (3 min à pied), Puerta del Sol (7 min), musée du Prado et Thyssen (10 min), parc du Retiro (15 min)
Ce qui frappe en entrant dans une chambre, c'est la hauteur sous plafond, héritage d'un immeuble du XIXe siècle que la restauration n'a pas cherché à rentabiliser en ajoutant des niveaux. Les fenêtres montent jusqu'en haut, les têtes de lit sont en velours, les salles de bains en marbre sombre reprennent le vocabulaire des parties communes. Les catégories supérieures et les sept suites donnent sur la rue, plus animée, ou sur l'arrière, plus calme : la question mérite d'être posée à la réservation, le quartier vivant tard. La maison appartient au réseau Leading Hotels of the World.
Casa Lobo occupe la salle principale, avec une cuisine espagnole de produit servie aux horaires du pays, ce qui veut dire un dîner qui commence quand les restaurants français ferment. Le Lobbyto, dans le hall, est le lieu à connaître : on y vient pour les dry martinis et pour une carte de gins que les Madrilènes citent volontiers, et l'on y croise autant de gens du quartier que de clients de l'hôtel. En sous-sol, Le Max Wellness Club propose des soins à la marque Sisley et une salle de sport, utile après une journée passée debout dans les musées.
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