Hôtel Adèle & Jules
Si l'Hôtel Adèle & Jules nous a convaincus, c'est par son double jeu : deux...
La rue Ballu est une de ces voies du neuvième arrondissement que les Parisiens eux-mêmes connaissent mal : courte, bordée d'immeubles cossus, à deux pas de la place de Clichy. Au 30, un bâtiment imposant a longtemps abrité le siège de la Sacem, la société qui collecte les droits des auteurs et compositeurs. C'est aujourd'hui un hôtel de trente-cinq chambres et deux appartements, et il a gardé quelque chose de son passé institutionnel dans ses volumes : des couloirs larges, des hauteurs franches, une solidité de façade. Le quartier, lui, s'appelle la Nouvelle Athènes et fut celui des artistes du dix-neuvième siècle.
Nous cherchions, dans Paris, des adresses qui tiennent un parti pris décoratif jusqu'au bout. Celle-ci en a un, et il est inhabituel : bleu de Prusse, vert émeraude, jaune poussin aux murs, luminaires modernistes, mobilier slave des années soixante, terrazzo et parquet clair. Rien de tiède. Le spa ajoute un couloir de nage carrelé, ce qui, dans un neuvième arrondissement très dense, relève de l'exploit. Et le quartier fait le reste : on est à portée de Montmartre et de Pigalle sans dormir dans leur bruit.
La Nouvelle Athènes est l'un des quartiers les mieux conservés de Paris et l'un des moins visités. Delacroix, Chopin et George Sand y ont habité ; le musée de la Vie romantique, la place Saint-Georges et le square d'Orléans en gardent la trace, tous accessibles à pied. Montmartre et le Sacré-Cœur sont à un quart d'heure de marche en montant, Pigalle et ses salles de concert à dix minutes, les grands magasins du boulevard Haussmann autant dans l'autre sens. La station Place de Clichy est à quelques minutes. C'est un quartier de vie parisienne ordinaire, avec ses boulangeries et ses bistrots, ce qui se fait rare à cette distance des grands axes.
Prix : €€€, haut de gamme
Ambiance : couleurs franches, modernisme et années soixante, ancien siège d'institution
Chambres : trente-cinq chambres et deux appartements, kitchenette partout, lits modulables dans certaines catégories
Idéal pour : couples, séjours longs, voyageurs qui veulent un Paris moins évident
Ce que nous préférons ici : le couloir de nage carrelé, au spa
Table : restaurant sur place et petit déjeuner soigné, café d'une torréfaction parisienne, jambon Prince de Paris, truite fumée
Équipements : spa, couloir de nage, sauna, climatisation, service en chambre, kitchenette dans les chambres
À proximité : musée de la Vie romantique, place Saint-Georges, Montmartre, Pigalle, place de Clichy
Le décor est l'argument principal et il ne se résume pas en une ligne. Chaque chambre part d'une couleur pleine, bleu de Prusse, vert émeraude ou jaune poussin, posée franchement sur les murs. Dessus viennent des luminaires modernistes, du mobilier slave chiné des années soixante, un parquet clair et des sols en terrazzo. L'ensemble aurait pu virer au décor de magazine ; il tient parce que les volumes de l'ancien bâtiment le supportent. Les lits de certaines catégories sont modulables, ce qui rend l'hôtel praticable à trois ou quatre.
Le spa est installé autour d'un couloir de nage carrelé, un format rare à Paris et plus utile qu'un bassin décoratif : on y fait des longueurs. Un sauna complète l'espace. Le matin, le petit déjeuner sort du lot dans une catégorie où il est souvent expédié : café d'une torréfaction parisienne, thés, viennoiseries, jambon Prince de Paris, truite fumée. Chaque chambre dispose par ailleurs d'une kitchenette avec cafetière et bouilloire, ce qui change la donne sur un séjour d'une semaine.
La maison accueille les familles mais pas les animaux. Les accès pour les personnes à mobilité réduite ne sont pas signalés sur la fiche et se vérifient auprès de la réception. L'établissement est ouvert toute l'année. Le personnel parle français, anglais et espagnol. L'arrivée se fait à partir de quinze heures, le départ avant midi. Enfin, le neuvième arrondissement n'a pas la lisibilité touristique du centre : c'est précisément son intérêt, mais il vaut mieux venir avec l'intention de marcher.
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