Hotel Les Haras
Nous avons retenu cet hôtel pour son parti pris rare : loger un établissement contemporain...
Il faut chercher la porte cochère au fond de la rue du Bouclier, dans le lacis de venelles à colombages de la Petite France, pour deviner qu'elle donne sur un hôtel. Une fois le vantail de bois refermé derrière soi, la rumeur de Strasbourg s'efface d'un coup et laisse place à une cour intérieure, puis à un intérieur qui superpose les siècles sans les confondre : poutres apparentes, mobilier alsacien et lignes plus contemporaines dans les parties communes. Le Bouclier d'Or occupe ce corps de bâtiment depuis le XVIe siècle, et l'hôtel actuel, quatre étoiles et vingt-deux chambres, en a gardé l'échelle domestique plutôt que d'en faire un décor figé pour visiteurs de passage. On y vient pour dormir à cinq minutes de la cathédrale sans jamais avoir l'impression de loger dans une reconstitution touristique.
Ce qui distingue le Bouclier d'Or dans un quartier saturé d'adresses pittoresques, c'est la matière encore en usage : le bar Le Meyerhof a conservé la fresque murale et les armoiries d'Ulrich von Turckheim, propriétaire des lieux dès 1570, et on continue d'y servir un verre sous son regard. À cela s'ajoute un spa complet, l'Écrin du Bien-Être, rare à cette échelle dans le centre historique, et vingt-deux chambres suffisamment différentes les unes des autres pour que le choix de la chambre fasse déjà partie du séjour. Trois éléments qui tiennent ensemble une promesse simple : loger dans l'histoire de Strasbourg sans renoncer au confort d'un établissement pensé pour l'accueillir dans la durée.
La Petite France se traverse à pied en dix minutes, mais elle se vit surtout tôt le matin ou après la fermeture des boutiques, quand les quais du barrage Vauban et les maisons à colombages retrouvent leur silence. L'hôtel se tient au centre de ce périmètre, à quelques rues de la cathédrale et de la place Kléber, et suffisamment en retrait de la Grande Île touristique pour que le quartier reste habité le soir venu. Rien à louer sur place, pas de parking privé revendiqué : ici, on vient pour marcher et flâner entre les canaux, pas pour circuler en voiture.
Prix : €€€
Vibe : maison alsacienne, feutrée, historique sans être guindée
Chambres : 22, réparties entre chambres traditionnelles et suites bourgeoises
Best For : couples en week-end, voyageurs en solo cherchant le calme, adeptes de spa urbain
Our Favorite Thing About the Hotel : la fresque et les armoiries de 1570 conservées au bar Le Meyerhof
Dining : bar à vins et cocktails Le Meyerhof, petit-déjeuner servi sur place
Amenities : spa Écrin du Bien-Être (hammam, sauna, jacuzzi, soins Cinq Mondes), chambres familiales, animaux acceptés
Attractions : Petite France et ses maisons à colombages à pied, cathédrale Notre-Dame à quelques minutes, barrage Vauban
Les vingt-deux chambres ne sortent pas d'un même moule : certaines gardent le colombage apparent et le mobilier régional, d'autres, dites bourgeoises, s'ouvrent sur des volumes plus amples et un décor plus sobre, hérité des demeures patriciennes de la ville. Aucune n'a la même vue : certaines regardent la cour intérieure et son calme, d'autres les toits de tuiles vernissées du quartier. C'est un hôtel où l'on demande la chambre plutôt que de réserver « une double », et où la différence se voit dès l'entrée dans la pièce.
Le salon-bar de l'hôtel n'a rien d'un ajout décoratif : la fresque murale et les armoiries d'Ulrich von Turckheim y sont d'origine, et le lieu continue de fonctionner comme un vrai bar de fin de journée, pas comme un simple hall de passage entre l'ascenseur et la rue. On y prend un verre avant de sortir dîner en Petite France, ou on y reste au coin du feu l'hiver, ce que l'adresse assume sans avoir besoin de le souligner sur son site.
Le spa occupe une aile à part, avec hammam, sauna, jacuzzi et une carte de soins signée Cinq Mondes, gommages et modelages du visage et du corps compris. Accessible sur réservation aux non-résidents comme aux clients de l'hôtel, il fonctionne comme un vrai spa de destination plutôt que comme un simple argument de fiche technique, ce qui justifie à lui seul de prolonger un séjour d'une nuit à deux, entre deux visites du quartier.
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